Le nouveau monde, c’est maintenant. Si la méditation et la lecture des maîtres, comme Eckart Tolle ou Krishnamurti sont des activités précieuses et souvent nécessaires à l’accomplissement de notre transition intérieure, l’énergie du Nouveau monde brûle d’embrasser aussi nos structures sociales pour que celles-ci embrasent en retour, tel un cercle de feu vertueux, nos structures mentales et «supra-mentales». Or, dans quels cadres passons-nous le plus clair de notre temps ? Ceux liés au travail. Entreprises, associations, institutions doivent urgemment se muer en des lieux d’émancipation, agir comme des précipités d’évolution, et non plus comme des ralentisseurs ou des prisons. Des solutions managériales avant-gardistes efficaces existent, qu’attendons-nous pour les appliquer à l’ensemble des secteurs, publics et privés, au lieu de continuer à souffrir ?

L’Entreprise, lieu toxique

Car beaucoup de français rejoignent leur lieu de travail le cœur serré, voir avec «la boule au ventre» En 2017, la CFDT a publié les résultats d’une enquête sur le travail, où 35% des personnes interrogées déclarent avoir déjà fait un burn out, tandis que 69% des sondés estiment qu’on leur fixe des «objectifs intenables». 82% souhaiteraient plus d’autonomie, 42% souffrent d’un manque de reconnaissance et 70% ont l’impression d’être «des machines» …. Des travaux réalisés par l’assurance maladie montrent que les arrêts de travail dûs à des «affections psychiques» (insomnies, anxiétés, burn out) ont augmenté de 10% par an entre 2011 et 2014, et de 5% en 2015. Si de nombreuses personnes apprécient leur activité, l’augmentation des arrêts maladies et des burn-out, l’expansion des carrières free-lance -en particulier chez les plus jeunes- et la tentation grandissante de l’entrepreneuriat, sont tous autant de symptômes d’un constat édifiant : En France, mais aussi dans de nombreux autres pays, l’entreprise, l’institution, ou l’association au sein desquels on exerce peuvent être vues comme un lieu hostile, quand bien même on «aime» son travail. Le problème, c’est le «cadre», la hiérarchie, en un mot, le système.

Pour autant, le travail indépendant, détaché de toute entité collective, présente d’autres désavantages. Le «free-lance» porte tout sur ses épaules : l’investissement, les échecs et les succès, l’accomplissement de moult tâches pour lesquelles il n’a aucune expérience. Dépression, découragement, sentiment de solitude menacent, au point que certains finissent par lâcher, un brin nostalgique. «Se lever le matin, aller au bureau et prendre le café avec les collègues, ça avait du bon aussi…» Ainsi, lassé de travailler entre quatre murs à la maison, le free-lance court d’espace de coworking en espace de coworking en quête de contacts. L’homme est un animal politique, il a besoin d’interactions, non seulement sur le web, face à son ordinateur, mais également dans le monde physique, dans la vraie vie.

Des structures dépassées

Si les entreprises actuelles ne conviennent plus, c’est en partie parce qu’elles évoluent moins vite que ceux qui la fréquentent, et qu’elles ne répondent pas à leurs aspirations profondes, et en particulier celles des nouvelles générations. Dans son époustouflant ouvrage Reinventing Organisation, vers des communautés de travail inspirées, Frédérique Laloux, ancien cadre chez McKinsey, a effectué une synthèse brillante d’un très grand nombre de travaux. Il a, entre autres, établi une typologie très pertinente des structures sociales, qui évoluent du stade infrarouge (il y a 100 000 ans) au modèle opale – quasi inconnu et que nous souhaitons promouvoir ici- et qui s’exerce aujourd’hui dans quelques entreprises. En voici quelques traits.

Le stade Infrarouge : 100 000 à 50 000 ans avant notre ère. Ce sont des petits groupes de 10/ 12 personnes vivant de cueillette. L’ego n’est pas encore formé, le moi n’est pas constitué, et chacun tend à se confondre avec l’environnement et le groupe.

Magenta : On passe aux tribus qui peuvent compter jusqu’à plusieurs centaines de membres. Leur vison magique du monde s’accompagne de rituels ainsi que de l’obéissance aux anciens et au shaman.

Rouges : Equivalent des mafias ou des gangs des rues actuels, les organisations rouges sont régies par un chef qui exerce son pouvoir par la peur. L’ego à ce stade est développé et l’être humain est surtout régi par des rapports de force dans un monde qu’il considère hostile. C’est la loi du plus fort. L’esclavage apparaît «à grande échelle». Ainsi, on fait travailler sur des tâches bien spécifiques les prisonniers capturés lors d’une bataille avec une autre tribu.

Ambre : sorte d’armée, avec des rôles très définis par une pyramide hiérarchique, ce modèle caractérise les organisations militaires, les écoles publiques, l’Eglise catholique…

Orange : modèle des groupes multinationaux, elle est une «mécanique» destinée à battre les concurrents, et à faire le plus de profits possibles. C’est le règne du «management par objectif».

Vertes : gérée par une pyramide hiérarchique classique, on y cultive des «valeurs» et un esprit de famille, une véritable «culture d’entreprise» comme par exemple chez Southwest Airlines, Ben & Jerry…

Toutes ces organisations sont basées sur une vision de l’homme et de l’univers aujourd’hui obsolète, bien que les entreprises «vertes» se rapprochent de certains idéaux d’évolution. En revanche, les entreprises orange, où besognent des tripotées de col bleus et blancs aujourd’hui, ne considèrent pas vraiment ses employés dans toute la latitude leur humanité, mais plutôt comme les rouages, les boulons amovibles d’une machine bien huilée qui doit cracher du bénéfice. Seulement voilà, l’humain n’est pas un boulon… Scandales après scandales, fusion-acquisition après fusion-acquisition, restructuration après restructuration, arrêt maladie après arrêt maladie, les boulons finissent par sauter les uns après les autres… et l’entreprise-machine, après s’être emballée jusqu’à l’hystérie, est en train, enfin, de rendre l’âme… notre âme en fait, celle que nous lui avions vendue, bradée même, alors qu’elle est inestimable.

Alors, comment sortir du cauchemar « orange » ? Quels sont les secrets de l’Opal Power ?

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